KRAANG ! KRAANG !

[Review VF] Eaglemoss tome 40 : La Mort de Superman

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Si je vous dis que dans cet album de la collection Eaglemoss, Superman meurt, est-ce qu’on considère cela comme un spoiler ? Ha mince, trop tard… En même temps, ce bouquin s’intitule La Mort de Superman  ! Bref, cette histoire culte arrive enfin chez Eaglemoss, et nous allons voir si ça vaut le coup.

Les années 90 ont été difficiles pour le petit monde des comics. Il a définitivement quitté son Age de bronze, et le marché de la bande dessinée américaine connaît ses moments les plus sombres. Les années 80 ont amené pas mal de chamboulement, notamment chez DC avec Crisis on Infinite Earths, mais aussi l’arrivée de récits plus matures comme Killing Joke ou The Dark Knight Returns. Il faut essayer de se renouveler. DC prend donc son destin en main, et décide de lancer de longues sagas marquantes sur ses plus célèbres personnages. Par exemple, en 1993 arrive Knightfall qui voit Batman se faire briser la colonne vertébrale par Bane. La Mort de Superman est dans la même mouvance. Pendant une année, 1992 pour être précis, les séries Superman se consacre à cet évènement, avec l’objectif de créer une synergie entre ces séries.

A l’époque, on pouvait compter quatre séries où officiait Superman : Superman : The Man Of Steel , Superman, Adventures of Superman et Action Comics. Chacune d’entre elles avait une équipe artistique en charge, ce qui fait que sur notre album, nous avons en scénaristes Louise Simonson, Dan Jurgens, Jerry Ordway et Roger Stern, et en dessinateurs Jon Bogdanov, Dan Jurgens, Tom Grummett, Jackson Guice et Dennis Janke. Malgré tout, l’histoire est racontée de manière fluide, comme si on ne lisait qu’une seule série, même si certains chapitres s’intéressent à des éléments différents, et que le dessin varie du meilleur (Jurgens) au pire (Bogdanov). Il y a un formidable travail d’uniformisation. La simplicité du scénario aide.

L’album commence avec un personnage imposant qui s’échappe d’une espèce de prison. Il s’agit de Doomsday qui va alors commencer sa marche en détruisant et tuant sur son passage. Il porte un costume et a un bras seulement de libre. Plus il va avancer, plus il va se dévoiler et se libérer. Il rencontre d’abord la JLA qui se fait massacrer, puis Superman va s’en mêler. Le scénario est extrêmement simple, et se traduit par quasiment que de la baston. Pourtant, ça fonctionne. Le travail des scénaristes sur Doomsday est très malin. Ils ont décidé de tuer Superman par la force, alors qu’on ne pensait pas ça possible. Pour ça, ils nous sortent un monstre dont on ne sait rien, et qui va marcher vers la mort du héros. A la fin, il n’aura révélé aucun de ses secrets.

Ce choix rajoute du mystère à l’histoire, mais aussi une peur qui va monter petit à petit, au fur et à mesure qu’on se rend compte de la puissance de Doomsday.  C’est une peur primaire, d’un être fort et inconnu. La violence du danger est très bien retranscrite, l’apothéose étant le dernier chapitre, où on assiste au combat entre le monstre et Superman. Jurgens propose dans ces pages uniquement des pleines pages. Une planche/un dessin, et au final, deux planches/un dessin. Cette façon de raconter change nos repères, et on sent que quelque chose va arriver. C’est très bien fait, et la fin est émouvante. Malgré la colorisation un peu ancienne, les dessins sont suffisamment modernes pour rendre la lecture encore agréable aujourd’hui.

A cause du scénario un peu simple, l’histoire peut paraître un peu longue. Des intrigues annexes sont proposées, mais elles sont simplistes. D’ailleurs, plus on avance, plus on a de l’action pure. Si vous vous intéressez à Superman, cette histoire est à lire absolument, et sa présence est tout à fait justifiée dans la collection Eaglemoss. Le prix est plutôt intéressant, car l’album contient la moitié du tome 1 paru chez Urban. Eaglemoss ne propose que la mort de Superman, et pas la gestion de son absence ni son retour. C’est plutôt intelligent, car la totalité aurait été trop long, et on a finalement dans cet album le plus marquant. La suite, même si elle contient de bonnes idées, est bien moins intéressante.

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En Résumé

 

LES POINTS FORTS

Le personnage de Doomsday
Un récit marquant

LES POINTS FAIBLES

Certaines intrigues inintéressantes

 

3.5

RIP

Conclusion

Cet album contient la meilleure partie d’un des récits ayant marqué l’histoire de Superman .